Pour un jeune conducteur, le coût de l’assurance auto représente un véritable casse-tête financier. L’absence de bonus, la « surprime jeune conducteur » légale et des antécédents d’assurance inexistants peuvent faire doubler, voire tripler le montant de la cotisation.
Face à cette réalité, de nombreuses familles se tournent vers une solution alternative : désigner le jeune conducteur comme conducteur secondaire sur le contrat d’assurance d’un parent.
Mais cette option constitue-t-elle réellement le bon plan espéré ? Moins-Chere vous explique les atouts de ce choix, avec quelques mises en garde quant aux abus à éviter.
Qu’est-ce qu’un conducteur secondaire ?
Le conducteur secondaire est une personne explicitement désignée dans le contrat d’assurance auto pour conduire le véhicule assuré, en complément du conducteur principal.
Contrairement au conducteur occasionnel qui n’est pas nommément identifié, le conducteur secondaire figure dans les documents contractuels et peut utiliser le véhicule de manière régulière.
Une économie immédiate sur la prime que devrait payer le conducteur novice
Pour un jeune permis, une assurance auto souscrite en tant que conducteur principal peut coûter jusqu’à plusieurs milliers d’euros par an. Être ajouté comme conducteur secondaire permet de partager les frais d’assurance avec le conducteur principal, généralement un parent bénéficiant déjà d’un bonus avantageux.
L’impact financier de l’ajout d’un conducteur secondaire, même novice, sur un contrat bénéficiant d’un bonus important, demeure relativement léger, de l’ordre de quelques dizaines d’euros par an au maximum. Très loin de ce que coûte une assurance auto pour un tout jeune conducteur !
L’atténuation des effets de la surprime jeune conducteur
La surprime jeune conducteur est un dispositif légal (article A121-1-1 du Code des assurances), autorisant l’assureur à appliquer une majoration de la cotisation d’assurance d’un jeune conducteur de 100 % la première année, 50 % la deuxième année et 25 % la troisième année.
Être désigné en tant que conducteur secondaire permet de cumuler des années en tant qu’assuré automobile et donc d’échapper à cette surprime. Car les assureurs prennent (généralement) en compte ces années d’expérience. Ils n’appliquent pas la surprime à un jeune conducteur secondaire qui choisirait, après trois ans, de souscrire une assurance auto en tant que conducteur principal.
L’accumulation de bonus : un atout majeur, mais au bon vouloir des assureurs
Dans le système du bonus-malus régi par la loi française, la règle de base est que le coefficient de réduction-majoration (CRM) est attaché au contrat d’assurance, donc au conducteur principal. En conséquence, le conducteur secondaire ne pourrait normalement pas se constituer son propre coefficient de réduction-majoration. Cela l’obligerait à repartir de 1,00 (0 % de bonus) lors de sa première souscription en tant que conducteur principal.
Reconstitution du bonus à partir du relevé d’information
Dans les faits, la plupart des sociétés d’assurance acceptent de reconstituer un bonus à partir des données mentionnées sur le relevé d’information : date d’inscription au contrat en tant que conducteur secondaire + nombre d’années sans sinistre responsable. Bien sûr, il est nécessaire que le souscripteur accepte de transmettre au jeune conducteur le relevé d’information fourni par l’assureur.
Il s’agit ici d’un avantage considérable pour préparer son avenir d’automobiliste. Concrètement, si le conducteur secondaire n’a pas d’accident responsable, il cumulera un bonus de 5 % par an, exactement comme le conducteur principal. Cette accumulation progressive lui permettra donc de partir avec un avantage tarifaire significatif lors de sa première souscription en tant qu’assuré principal, contrairement à un jeune qui n’aurait jamais été déclaré et qui débuterait avec un coefficient neutre de 1,00.
En plus du bonus et de la suppression de la surprime jeune conducteur, le nombre d’années d’assurance en tant que conducteur secondaire rentre aussi en compte dans l’algorithme de calcul de la prime d’assurance auto. Plus un conducteur a d’années d’assurance (sans sinistre), plus sa prime baisse.
À savoir : cela concerne aussi le malus…
Lorsqu’un conducteur secondaire est responsable d’un accident, comme rappelé ci-dessus, le malus s’applique au contrat. Le coefficient de réduction-majoration du contrat est majoré de 25 %, affectant directement le conducteur principal, le souscripteur voyant sa prime augmenter sérieusement à l’échéance annuelle.
Évidemment, cette situation peut créer des tensions familiales lorsqu’un jeune conducteur secondaire cause un accident, pénalisant financièrement son parent assuré principal.
Et, comme pour le bonus, lorsque le conducteur secondaire choisit par la suite de souscrire un contrat en tant que conducteur principal, le nouvel assureur peut « reconstituer » un malus s’il constate sur le relevé d’information la présence d’un sinistre responsable dans les deux dernières années.
Attention à ne pas mentir sur l’usage « secondaire » du véhicule
Notez-le bien : le conducteur secondaire n’est pas l’utilisateur principal du véhicule. Les règles d’usage suivantes sont donc à respecter :
- Le conducteur secondaire ne doit pas être la personne qui utilise le plus souvent le véhicule.
- A fortiori, il ne doit pas être le seul utilisateur régulier du véhicule.
- Le véhicule ne doit pas être stationné habituellement à son domicile s’il est différent de celui du conducteur principal.
Exemple : si un conducteur principal conduit le véhicule presque tous les jours, le conducteur secondaire le conduit une ou deux fois par semaine.
Les situations à éviter
L’utilisation quotidienne devient particulièrement problématique lorsque :
- Le jeune conducteur secondaire utilise le véhicule pour ses trajets domicile-travail alors que le conducteur principal est retraité.
- Le conducteur secondaire habite à une adresse différente et garde le véhicule à son domicile.
- Le véhicule est de fait utilisé exclusivement par le conducteur secondaire.
Dans ces situations, il est fortement recommandé de souscrire un contrat au nom du conducteur principal.
Les risques encourus en cas de fausse déclaration
Si l’assureur démontre que le conducteur secondaire est en réalité l’utilisateur principal du véhicule, il peut invoquer une fausse déclaration intentionnelle. Les conséquences sont graves avec potentiellement une nullité du contrat entraînant :
- Un refus de prise en charge des sinistres ;
- La conservation des primes déjà versées à l’assureur ;
- Des difficultés pour trouver un nouvel assureur.
Le verdict : un bon plan financier sous conditions
Être assuré comme conducteur secondaire permet indéniablement au jeune conducteur de réaliser de vraies économies, à condition de respecter trois principes : déclarer formellement son statut auprès de l’assureur, conduire prudemment pour préserver le bonus accumulé, et vérifier que le relevé d’information mentionne bien son identité et ses dates d’inscription.
Si un assureur n’accepte pas de reconstituer votre bonus et de comptabiliser vos années d’assurance à partir du relevé d’information, n’hésitez pas à faire jouer la concurrence !
Cette solution permet de combiner économies immédiates et constitution d’un historique favorable. Toutefois, elle ne dispense pas le jeune conducteur de prévoir, à moyen terme, la souscription de son propre contrat pour gagner en autonomie et en responsabilité.
